DISSONANCE COGNITIVE ET PARADOXE DE LA VIANDE

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Vous avez peut-être déjà entendu parler de ce terme qui désigne un mal très répandu dans nos styles de vie actuels.

Alors voyons un peu de quoi il s’agit:

Il y a dissonance cognitive lorsque les faits et la réalité sont en contradiction avec nos croyances.
Cela crée un inconfort psychologique que nous cherchons à réduire.

Lorsque les croyances sont profondément ancrées, la plupart d’entre nous vise à les conserver intactes face à une réalité dérangeante.
Nous mettons en place des processus psychologiques inconscients. Nous minimisons et oublions ce qui nous dérange, ou détournons notre attention, ou bien nous transformons et réinterprétons le réel de sorte que nos croyances restent intactes.

Les croyances collectivement partagées sont prises pour des vérités indiscutables par tous, donc elles sont indiscutées. Même lorsque les faits démentent ces croyances, il vous faudra beaucoup de courage, d’abnégation et de détermination pour vous faire entendre et vous faire comprendre, surtout lorsque ces croyances infondées sont universellement partagées dans une communauté.

Pour illustrer cette définition, rien de mieux qu’un exemple parlant:

 » le paradoxe de la viande » : Ne pas vouloir de mal aux animaux et cependant s’en nourrir, jouir des avantages que cela procure (bénéfices gustatifs, bénéfices en termes d’intégration sociale… ), causant de la sorte leur souffrance et leur mort.

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Je hais la cruauté animale.

Dans les pays riches, les très nombreux adeptes du régime carné appartiennent aussi à la catégorie de personnes qui répugneront à faire du mal à un être vivant.
Par ailleurs, 50 % environ des foyers français et plus de 60 % des foyers américains comptent un ou plusieurs animaux de compagnie, parfois considérés comme des membres à part entière de la famille. On les soigne, on consacre une partie de son budget à les nourrir, on leur parle et on les pleure quand ils disparaissent. Même si manger de la viande est rarement vu, sauf dans le cas des végétariens, comme un choix moral, les carnivores, qui savent parfaitement comment steaks et côtelettes arrivent dans leurs assiettes, doivent donc atténuer la dissonance existant entre leurs pratiques culinaires, leur amour des animaux et leur dégoût de l’abattoir.

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Pour mettre son âme en paix et résoudre le paradoxe de la viande, le carnivore humain « démentalise » les animaux qu’il mange (alors même qu’il « anthropomorphise » les animaux de compagnie) ce qui est d’autant plus facile dans les pays dans lesquels la viande est industrialisée, on la trouve alors découpée, emballée bien proprement dans des barquettes en polystyrène ou encore en surgelé, ce qui rend le lien viande-animal beaucoup plus difficile à faire… on peut tout de même voir encore un peu de sang, quelques plumes parfois, associés à une odeur forte, bref des signes d’une vie passée de ces « morceaux ».

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C’est là qu’interviennent les marketeurs des industries de la viande.
Ces indices de rappel de la mort d’un être vivant ne sont pas très vendeurs.

Le rôle des marketeurs est, entre-autre, d’obtenir le plus d’achats possibles chez le consommateur, dans l’idéal rendre l’acte d’achat régulier et l’acheteur fidèle.

Ils « aident » alors le consommateur à diminuer cette dissonance, pour gommer au maximum cette image de mort et de souffrance, par différents moyens, dont:
– les termes utilisés
– les images
– les arguments de « professionnels » de la santé et des animaux (sponsorisés par les lobbies)

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L’atmosphère doit évoquer la joie, la santé, le bonheur, tout ce qui peut donner une image positive et vendeuse à cette chair animale.

Voilà comment nous sommes confortés dans notre dissonance cognitive. Ce qui arrange bien la plupart des personnes qui ne veulent pas sortir de leur zone de confort, avec leurs habitudes alimentaires. Ouvrir les yeux et faire face à cette réalité ne sont certes, pas évidents d’un point de vu social en particulier en France, mais comment pouvons-nous trouver des excuses à la souffrance? (idem pour les animaux « bio », « plein air » etc. la souffrance est la même que celles des autres animaux: maltraitance et abattage).

Et si les emballages et la publicité disaient la vérité?
Cela fonctionnerait pour certaines personnes (comme les messages de sensibilisation sur les paquet de cigarettes), pour les autres, après les premières visions « chocs » le déni et la dissonance cognitive reviennent au galop…

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AVERTISSEMENT: Des animaux ont été torturés

 

Comment pouvons-nous essayer de faire réfléchir notre entourage face à leur attitude paradoxale?

Affronter de face ces croyances est plutôt risqué voire contre-productif. Il faut éviter d’augmenter la dissonance cognitive chez notre interlocuteur.
Instaurer un dialogue qui puisse déclencher un questionnement puis une prise de conscience semble à priori la meilleure solution, à condition de faire preuve de patience et de respect vis-à vis de leur mode de vie actuel.
C’est un combat de longue haleine.
La meilleure option reste de chercher à les inspirer par notre façon d’être.
« L’important n’est pas de convaincre mais donner à réfléchir. » (Bernard Werber)

 

Maëlle Roques

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47 réflexions au sujet de « DISSONANCE COGNITIVE ET PARADOXE DE LA VIANDE »

  1. Tout à fait… le chemin vers une prise de conscience peut être long surtout quand il s’agit de lutter contre une véritable manipulation mentale du genre …plutôt internationale !!! Le but n’est évidemment pas de blesser psychologiquement nos ‘paire’, mais de faire au mieux pour chaque être vivant de notre planète.

    Un très bonne article tout en finesse… et tellement réaliste.

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    • Merci!
      Oui malheureusement c’est un problème à échelle planétaire, mais petit à petit les consciences notamment s’éveillent grâce au partage d’informations de plus en plus rapide et efficace.

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  2. c’est un excellent article, mais comment faire contre tous ces lobbies ? ‘ je suis végétarienne et quand je vois les publicités telles que les yaourts « les 2 vaches »; ou bien ces poules qui dansent le french cancan pour la marque  » le gaulois » etc..cela me fait bondir; quel cynisme.Mais je ne baisse pas les bras je continue mon combat à petit échelle je tente de faire changer les mentalités.

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    • Bonjour Laetitia et merci.
      La meilleure façon de lutter contre les lobbies est tout simplement de ne pas consommer les produits qu’ils défendent et de sensibiliser au maxixmum les gens (dans la douceur bien entendu).
      S’il n’y a pas d’achat (donc de demande) l’offre s’écroule.
      Autre chose: éteindre sa télévision et trouver les informations objectives ailleurs (sur internet par exemple).
      Merci de ton implication, c’est en agissant, en partageant le message que les choses avancent!

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  3. C est parfaitement bien vu .
    D ailleurs pour na pas voir la cruaute de la chose je disais avant a mes enfants on va acheter des cotelettes d agneau et non pas des cotelettes d un agneau qu on vient de tuer sauvagement ou alors de la viande comme si il n y avait aucun rapport entre animal et viande…

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  4. J’apprécie beaucoup ces témoignages car je suis quasiment la seule de ma famille à ne pas manger de viande, après une prise conscience de ce que cela implique de stress et de souffrance pour les animaux. J’ai complètement l’impression autour de moi d’une indifférence face à tout cela. De plus, on fait peur aux gens en leur disant qu’ils seront carencés, que leur santé en pâtira. Pourtant je suis végétarienne depuis des années et je ne souffre d’aucune carence, mes analyses sanguines sont tout à fait normales !
    Malheureusement, les lobbies de la viande sont très puissants !!!

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  5. Article intéressant, à ceci près qu’il oublie tout de même certains éléments.
    Dès mon enfance, j’ai fréquenté de près des régions d’élevage (bovin pour l’essentiel) et j’ai vu ma grand-mère et ma tante tuer devant moi poules et lapins (ce qui ne me choquait nullement). Pour ces derniers, j’ai pu suivre de près le trajet de l’animal de son abattage à mon assiette, sans aucune gêne.
    A Paris (et je ne suis pas si vieux), j’habitais le quartier des Halles (j’y suis toujours). Je me souviens des boucheries en gros avec des quartiers de bœuf pendant à leur crochet, je me souviens aussi des étals où figuraient des sangliers et des chevreuils intacts. J’avoue que, là encore, je n’étais nullement choqué.
    Bien entendu, j’ai aussi vu des moutons (ou des agneaux) finir en viande à méchoui sous mes yeux.
    La sensibilité (sensiblerie?) actuelle aux souffrances des animaux me semble surtout le fait d’une civilisation urbaine moderne qui ne veut connaître qu’une ruralité largement fantasmée et bien loin de celle que je connais encore. Après tout, dans ma maison de campagne, je vois, dans la prairie qui se trouve devant moi, des bovins dont je connais fort bien la destination, alors que je déguste mon beefsteack ou ma tête de veau-vinaigrette (miam!) sans états d’âme. Désolé, mais je serais malheureux si je ne mangeais pas de viande.
    La « dissonance cognitive » dont parle ce billet, ne me semble concerner qu’une fraction limitée de la population, victime d’une anthromorphisation excessive de l’animal qui ne me semble pas forcément saine. Après tout, dès qu’il s’est tenu sur ses jambes, l’homme a voulu manger de la viande. Je me méfie d’une civilisation qui a les yeux trop tendres pour ne pas avoir le cœur dur.

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    • Oui enfin, ne faites pas de VOTRE cas personnel un cas général, j’ai aussi habité à la campagne, et j’ai toujours ressenti un profond malaise quand il s’agissait de tuer les animaux. Dès mon plus jeune age, je savais d’où venais la viande dans mon assiette et ça me rendait malade parce que tout autours de moi je voyais des animaux vivant et je me disais que je ne pourrais jamais les tuer pour les manger. Donc être végétarien n’est pas un caprice de citadins du XXIe pourris-gatés comme vous semblez le sous-entendre.

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      • Tout de même, mon cas personnel est aussi celui de toutes les personnes qui m’entourent ou m’ont entouré, à commencer par celui de ma grand-mère qui tuait elle-même les lapins qu’elle nourrissait, ou de ma tante qui égorgeait elle-même ses poules (bon, j’avoue, je n’ai jamais vu mon oncle abattre lui-même son bétail, même si je l’ai vu ramener de la chasse lièvres et faisans). Et je ne peux pas dire qu’il s’agissait de personnes insensibles. Multiplié par un nombre non négligeable de foyers ruraux et d’exploitations agricoles, cela fait beaucoup de monde. Et dans le quartier des Halles (l’ancien, pas ce que c’est devenu) les gens ne vomissaient pas ou ne tombaient pas dans les pommes devant les chevreuils ou les sangliers entiers des boucheries (et pas seulement d’ailleurs des boucheries en gros). La fameuse « dissonance cognitive » me paraît un phénomène pour le moins limité dans le temps et dans l’espace, ce qui restreint singulièrement sa pertinence scientifique. C’est tout ce que j’ai voulu dire.

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      • Je me permets de m’immiscer dans la conversation.
        Après avoir vérifié une petite chose, il s’avère que le taux de ruralité en France est de 21% seulement. Admettons que certains des 79% soient des anciens ruraux qui n’ont cure de la condition animale et que certains citadins soient finalement, sincèrement, dans le même cas, il reste encore beaucoup de monde dans cette dissonance. Et surtout, le plus important, il y en aura de plus en plus étant donné que nous sommes de plus en plus urbanisés.
        Pourtant, moi aussi, je peux manger de la viande sans ces soucis-là me semble-t-il sous couvert du « il en a toujours été ainsi » et du « j’ai grandi à la campagne » (ce qui est vrai).
        Pourtant à nouveau, j’ai arrêté, au nom du pragmatisme. Ce n’est pas parce que cela ne nous fait rien (encore que si les documentaires sur les abattoirs ne nous font rien, c’est qu’on a un problème d’insensibilité grave tellement les images sont insoutenables) qu’on ne peut pas y réfléchir pour autant. Je ne vais pas assommer mon commentaire de chiffres, internet en est plein, ce sont des milliards d’animaux chaque année dans des conditions épouvantables. Ajoutés à ça les désastres écologiques de sa production, les conséquences de plus en plus démontrées qu’une consommation quotidienne n’est pas idéale pour la santé, etc etc. Nous avons le choix de manger autrement maintenant.
        Il faut savoir être triste en pensant à son steak mais être 2 fois plus heureux des conséquences bénéfiques que cela apporte. Malheureusement, ce n’est qu’en se penchant sérieusement sur le sujet que l’on découvre cette face cachée et qu’on se heurte à l’autre possible dissonance d’époque : vision à court terme vs vision à long terme.
        Dans les années 30, le Ricard était conseillé par les cheminots

        pourtant à l’époque actuelle on est à peu près tous d’accord que c’est une absurdité. Espérons que le sujet de la viande suive le même chemin dans nos sociétés « avancées ».

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    • je suis dans le même cas que Conomore. j’élève des lapins et des poulets pour les manger, ce qui ne m’empêche pas d’avoir des animaux de compagnie. J’ai travaillé dans des élevages de porcs. Au cours de ma scolarité, j’ai visité un abattoir où j’ai vu des vaches et des porcs se faire tuer et découper. Malgré tout cela, j’aime la viande et je continue à en manger. Je suis maman de 4 enfants qui savent que avant leur viande était un animal qui courrait avant d’être tuer et manger.

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  6. Dites, on est d’accord que cet article parle de la dissonance cognitive au sens large. Le paradoxe de la viande n’est ici qu’un exemple (troll inside)
    Je me demande du coup si vous avez d’autres exemples de dissonance cognitive connus?
    Merci

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    • Effectivement cet article parle de la dissonance cognitive au sens général et se centre sur un exemple bien précis de son expression: « le paradoxe de la viande ».
      La dissonance cognitive peut être observée dans de nombreuses situations et domaines, par exemple:
      – croire à la fin du monde tel jour et constater que rien ne se passe ce jour-là
      – En politique : Les partisans d’un homme politique dont on dénonce des pratiques malhonnêtes ne les croient pas et remettent en cause la bonne foi et l’honnêteté de ceux qui les révèlent. Parfois, ils se censurent mentalement et font comme si les révélations n’avaient jamais existé.
      – A l’école : Des études sur la notation à l’école ont montré que si l’on annonce aux enseignants que les devoirs qu’ils vont corriger émanent de très bons élèves, ils vont avoir statistiquement tendance à laisser passer certaines erreurs ou approximations. Et inversement, ils se montreront plus sévères et pointilleux si on leur a dit qu’il s’agissait d’élèves en grandes difficultés.
      – En médecine :L’effet placebo serait une conséquence d’un état de dissonance cognitive dans lequel entrerait un patient qui s’investit dans un traitement coûteux ou douloureux et dont il ne ressent pas d’effet bénéfique. Refusant que son investissement personnel soit totalement inutile, le patient recherchera en lui des signes de l’amélioration de sa santé, afin de réduire la dissonance. Il peut même guérir s’il y a une composante psychologique importante dans sa maladie.

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  7. Ping : Laurencewts | Pearltrees

  8. C’est un article très intéressant et les petits débats dans les commentaires le sont tout autant. Continuez à vous documenter et à forger votre propre opinion 🙂

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  9. Non mais c’est bien beau tout ça, vouloir lutter contre la cruauté animale. Seulement l’homme a besoin de viange. Continuez à ne pas manger du tout de viande et on en reparlera d’ici quelques années 🙂

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  10. Ping : Santé, Bien-être | Pearltrees

  11. Ping : Craquages | Paon Perdue

  12. Ah ! La sensiblerie des vegans ! Ils pleurent devant l’agneau qu’on égorge et ils sont même pas malheureux de ne plus manger de steak. Ils comprennent vraiment rien. Mais quand se rendront-ils compte que pouvoir manger un steak, c’est quand même vachement (si je puis dire…) plus important qu’éviter à un être sensible une vie de souffrances. Qui fait preuve de sensiblerie ? Celui qui fait un caprice parce qu’il n’a pas son steak ou celui qui se dit qu’un plaisir de quelques minutes ne vaut pas la souffrance et la mort d’une vache ?

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  13. Bonjour,
    Dans nos anciennes campagnes il n’y avait pas cette contradiction. Nous vivions avec les bêtes et les tuions pour s’en nourrir, sans regrets.
    Mais en faisant le moins souffrir la bête que nous connaissons (hors quelques sauvages fous).

    C’est la société de l’alimentation industrialisée qui a nuit à notre équilibre en présentant la viande comme une matière en sachet, sans que les gens ne voient un animal, un être vivant.
    Un enfant habitué aux bêtes et à leur abatage connait le sens de la vie si éphémère. Et comprend le sacrifice de tuer pour se nourrir.

    Outre la souffrance liée à l’industrialisation que je juge sauvage et sans morale, n’est-ce pas cette dissociation produit/animal/vie qui a emmené de plus en plus de gens à s’adonner au régime dangereux de végan, végétalien et végétarien?

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    • « Régime dangereux de végan, végétalien et végétarien »??
      Vous êtes sérieux?
      :
      «Les alimentations végétariennes (y compris végétaliennes) bien conçues sont bonnes pour la santé, adéquates au plan nutritionnel et peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. […]».
      Association américaine de diététique. (regroupant 70 000 diététiciens et nutritionnistes).

      « Dans nos anciennes campagnes il n’y avait pas cette contradiction. Nous vivions avec les bêtes et les tuions pour s’en nourrir, sans regrets. »

      Il y avait déjà des végétariens il y a plusieurs siècles, votre argumentaire ne tiens pas. Quelques exemples:
      «Quiconque a entendu les cris d’un animal qu’on tue ne peut plus jamais manger de sa chair.» (Confucius)
      «On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas.» (Lamartine)
      – « La terre donne des richesses en abondance et de la nourriture pacifique. Elle nous offre des repas qui ne sont tachés ni de sang ni d’assassinat. (Pythagore)

      Et enfin, ça n’est pas parce que « Dans nos anciennes campagnes … Nous vivions avec les bêtes et les tuions pour s’en nourrir, sans regrets. » que cela doit toujours être ainsi tel un dogme inébranlable:

      – « On affirme souvent que les hommes ont toujours mangé de la viande, comme si c’était une justification pour continuer à le faire. Selon la même logique, nous ne devrions pas chercher à empêcher un homme d’en tuer un autre étant donné que cela aussi a
      toujours été. » (Isaak Singer, prix Nobel de Littérature)

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      • Bien sur que si le régime est bien conçu il est adéquat, je ne jugerai pas du contraire.

        Cependant celui qui ne se supplémente pas, ne surveille pas son régime aura des carences, d’où le danger.
        Le fait est que ces carences existent et que sans supplémentation le danger est présent.

        L’exemple que je donne de nos campagnes n’est pas là pour justifier une direction ou une autre mais pour appuyer le point de vu de l’article sur la schizophrénie sociétale.
        Le monde n’est peut-être pas rempli de végans par nature mais peut-être de végans et de non-végans… Je ne fais pas d’un point de vu un dogme loin de là je ne serais pas arrivé sur cette page autrement. Mais si le véganisme était un dogme?

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      • Extrait d’un texte de Mélanie Joy:

        « J’ai déjà discuté du fait qu’il existe un système de croyance – ou idéologie, invisible qui façonne la relation de la culture dominante avec la viande. J’appelle cette idéologie le carnisme. Le carnisme est l’opposé du végétarisme : c’est le système de croyance selon lequel on considère éthique et approprié de manger (certains) animaux. Tant que la viande n’est pas nécessaire à notre survie, manger de la viande est un choix, et les choix naissent des convictions. (Les termes omnivore et carnivore désignent une prédisposition biologique plutôt qu’une orientation idéologique – les carnistes ne mangent pas de viande parce qu’ils sont biologiquement des omnivores, comme les végétariens, mais parce qu’ils choisissent de le faire.)

        Le carnisme a l’immense pouvoir de façonner les perceptions que les gens ont des animaux et de la viande qu’ils mangent, en guidant leur choix comme une main invisible. A l’instar d’autre systèmes dominants, le carnisme est bien établi – il est soutenu par toutes les principales institutions, de la famille au gouvernement, et il est aussi intériorisé, construisant notre perception des animaux que nous avons appris à manger avant d’avoir l’age de dire nos propres noms. Les mythes selon lesquels manger de la viande est normal, naturel et nécessaire sont tellement enracinés dans notre inconscient que la consommation de viande est considérée plus comme un fait acquis que comme un choix. Le carnisme est un système d’exploitation violent qui dépend de la participation de la population pour se maintenir. Et parce qu’en réalité la plupart des gens aiment les animaux et ne veulent pas qu’ils souffrent, le carnisme est organisé de façon à permettre aux humains de participer à des pratiques inhumaines sans réaliser pleinement ce qu’ils font. Le système est maintenu par un ensemble de défenses spécifiques, à la fois externes (sociales) et internes (psychologiques) qui bloque la capacité de chacun à comprendre la réalité de la viande ; elles transforment l’empathie naturelle en apathie, de sorte que la viande est ressentie comme appétissante plutôt que repoussante. »

        Si le véganisme est un dogme, que dire de l’idéologie carniste, qui elle est parfaitement ancrée et répandue, contrairement au véganisme?

        En ce qui concerne les carences, je ne pense pas qu’il y ai plus de végé carencés que de carnistes qui le sont. Les carences peuvent exister, quelque soit le régime alimentaire et d’autant plus lorsque l’on voit la qualité nutritionnelle de nos aliments d’aujourd’hui…
        Il n’y a pas plus de risque d’être carencé en étant végétalien que carniste. Le seul contre exemple fondamental à retenir est celui de la vitamine B12, produite par des bactéries du sol. On ne la retrouve pas dans les légumes bien lavés et issus de l’agriculture intensive et dans le monde végétal. Mais bien souvent on ne la trouve pas suffisamment dans la viande non plus. Presque tout le temps le bétail est nourri avec de la nourriture supplémentée en B12, ainsi, une personne carniste se supplémente indirectement en consommant la viande d’un animal supplémenté (on la trouve tout de même également dans les jaunes d’œufs et les crustacés). A l’inverse, le végétalien doit penser à se supplémenter directement en vitamine B12. Malheureusement on ne trouve encore que trop peu de sources et de publications scientifiques au sujet de la B12.

        Autrement, si vous souhaitez aiguiser votre réflexion sur la philosophie de légalité animal, je vous conseil les différents articles de ce site:
        http://www.cahiers-antispecistes.org/

        Cordialement et au plaisir d’échanger.

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  14. « Faire au mieux pour chaque être vivants de la planète »… Faut arrêter un peu avec ces images de bisounours!! Une prise de conscience? Laquelle? La chaine alimentaire et tout ce qui en resulte si on la brise, on en parle? Ce n’est pas qu’une question de marqueting! La relation de l’homme a l’animal existe depuis la nuit des temps, que ce soit pour se nourrir, survivre ou le domestiquer! L’évolution humaine n’a donc rien changé a tout ça, ça s’est perpétué ! Alors quoi? On supprime la viande et on la remplace par des produits plus très naturelles qui réduiront a long terme totalement notre espérance de vie? Entendre  » je tue moi même les bêtes pour ma survie par signe de respect tel un rituel de pardon » je comprendrais! Mais la…
    Faut-il demander aux autres espèces aussi d’arrêter de se dévorer les uns les autres?
    C’est malheureux, certe! Mais c’est comme ça que fonctionne la vie! On l’a juste adapté a notre évolution !

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    • Ah oui bien sur, la fameuse chaîne alimentaire du 21ème siècle dans les pays industrialisés, parlons-en! Cette chaîne alimentaire reposant sur un zoocide organisé qui n’a plus rien de naturel ni de moral.

      « La chaîne alimentaire et tout ce qui en résulte si on la brise, on en parle? »
      Vous pensez vraiment qu’il s’agit d’une chaîne alimentaire et que si on brise ce mode de vie des cataclysmes s’abattront sur l’humanité et la planète? Sérieusement? Vous savez comment est produite votre viande? Il s’agit de reproduction d’animaux de manière artificielle et contrôlée, d’ailleurs des animaux dont on a modifié les gênes pour les transformer en machine de production. La vache que l’on insémine artificiellement pour qu’elle ait son veau (que l’on va abattre rapidement si c’est un mâle) que l’on va immédiatement lui retirer après le vêlage pour lui piquer tout son lait, c’est la chaîne alimentaire?

      Vos propos, s’il n’étaient pas dus à un manque de connaissance du sujet, seraient tout simplement honteux.

      « La relation de l’homme a l’animal existe depuis la nuit des temps ». En effet et cette relation n’a rien de figée et évolue avec le temps et les connaissances scientifiques.

      « Alors quoi? On supprime la viande et on la remplace par des produits plus très naturelles qui réduiront a long terme totalement notre espérance de vie? »
      Donc vous ne connaissez à l’évidence RIEN du tout sur le régime végétal. Renseignez-vous un petit peu pour paraître un minimum sérieux dans vos arguments. Est-il plus sain de manger une tomate et de lentilles ou un bout de cadavre (« Le cadavre est ce qui reste du corps d’un organisme vivant humain ou animal dans la période qui suit la mort. »)?

      « Faut-il demander aux autres espèces aussi d’arrêter de se dévorer les uns les autres? »
      Il me semble que vous êtes un humain, doué d’une intelligence particulièrement développée (en théorie) et qu’alliée à votre bon sens et votre logique, vous pouvez parfaitement comprendre que l’on ne peut pas demander cela à des animaux sauvages où d’autres animaux que l’homme en général.
      De la même manière, vous n’êtes pas obligé de reproduire le comportement de ces animaux: lorsqu’ils se rencontrent, les lions (ces carnivores) se sentent le trou du cul, le faites-vous?

      Bonne réflexion.

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  23. Bonjour, où puis-je vous envoyer un email pour vous montrer un exemple de dissonance cognitive? J’ai eu un échange houleux avec un ami via FB et j’aimerais vous le montrer et avoir votre avis. Je me sens terriblement seule dans ma cause pour le végétarisme. Je ne sais plus comment faire, j’aimerais beaucoup avoir vos conseils. Si vous avez un email où je peux vous transmettre cet échange, n’hésitez pas à me la fournir. Je vous remercie d’avance….

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    • Bonjour Sarah,

      Tu peux m’envoyer un mail à l’adresse suivante: maelle.roques@outlook.com
      Sinon si tu es sur Facebook il y a plusieurs groupes qui pourraient t’aider à répondre à cette personne et t’apporter du soutien:
      – Végétarien, vegetalien, vegan?
      – Végétarien-ne-s/Végétalien-ne-s/Véganes/Omnis en conversion
      – Association Végétarienne de France
      Tu es loin d’être seule!

      A bientôt

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  24. Bravo pour ce très bel article ! Je me suis beaucoup renseignée après m’être rendu compte de cette dissonance cognitive. Qu’est ce que ça fait mal de se rendre compte que l’on a entretenu ce zoocide. Le plus dur c’est de voir l’omerta, les gens avec leurs oeillères, leurs excuses à deux francs (voir euros à présent.. 😉 ). D’ouvrir les yeux fait mal, mais qu’est ce que ça fait du bien d’être cohérent avec sa pensée. Le plus douloureux c’est que les gens mangent de la viande juste pour le plaisir que cela leur procure, tuer pour le plaisir, mais où est-ce éthique !
    Bonne continuation

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